Sélectionner une page

Transcendante !

Texte et photos François-Xavier Gaudas

320g en taille 45,5 (301g en taille 42,5), drop de 10,8 mm (hauteur talon 36,1 mm, hauteur avant-pied 25,3 mm), 170€. Une véritable chaussure universelle au sens propre du terme, avec un superbe amorti et une stabilité qui s’adapte à votre pied. Si si. Tout seul, comme ça. Bref, si ça ce n’est pas une révolution….

Souvenez-vous : c’était en 2012. Les ingénieurs de Brooks sortaient la première Transcend, un concentré de technologie made in Seattle adapté à tous les gabarits et tous les types de foulées. Au début nous étions tous un peu sceptiques. Depuis, les coureurs du monde entier ont largement adhéré à ces chaussures très confortables. Dans le cinéma, il paraît que qu’il vaut mieux ne pas aller au delà de la trilogie – les séries Rocky, Indiana Jones, Lethal Weapon ou Die Hard sont là pour nous le rappeler – mais la marque américaine de Seattle a réussi à sortir une de ses meilleures chaussures route à ce jour. La preuve.

La Transcend était donc le premier modèle Brooks issu du concept Stride Signature. Son principe : développer une chaussure qui s’adapte à tous les types de foulées et tous les types de coureurs plutôt que développer modèle pour un type de foulée ou un type de pied en particulier. Pas mal. Cinq ans plus tard, le modèle a évolué mais en gardant la même ligne de conduite et la même ambition. Bravo.

Pour voir ce que la Transcend 4 a vraiment dans la semelle, j’ai couru sur route et terrains boueux pendant ma préparation à l’Eco-Trail de Paris (oui je sais c’est du trail running), fait des côtes, de longues lignes droites sur les bords de Seine, des sentiers de bois tout près de chez moi, sans oublier un peu de fractionné sur la mythique piste du stade Panathéïque d’Athènes, le site des premiers Jeux Olympiques et de l’arrivée actuelle du marathon. De quoi me donner plutôt une bonne idée de son potentiel par rapport au premier modèle que j’ai usé sur marathon et les 100km de Millau, deux fois de suite.

La tige

D’entrée, je vais être très honnête : la chaussure est assez imposante. C’est un peu too much à mon goût. On n’est pas loin du Humvee version militaire d’Arnold Schwarzenegger. Bon, allez, je le reconnais : cela a toujours été le cas avec la Transcend. Donc, finalement, cela ne me gêne pas tant que ça. Je suis méchant. D’autant que le poids général de la chaussure reste relativement faible. Ça, ça me plait ! La Transcend a même perdu 50g en 5 ans ! Régime crétois sans doute. Pas mal. Même ma copine est impressionnée. Le chaussant, lui, est toujours aussi confortable, le pied ne bouge pas d’un centimètre et le serrage des lacets est parfaitement dosé. J’avais fait l’erreur de le serrer un peu fort au départ lors de ma première sortie mais j’ai rapidement trouvé le réglage qu’il me faut. Je regrette toutefois que ces lacets soient moins épais que sur mes Ravenna chéries. La prise en main est moins pratique, moins agréable. C’est peut-être un détail… Je vous laisse juge.

Au niveau du talon, je dois dire qu’il reste bien en place, dans l’axe quoi. Les renforts latéraux en plastique dur ont été quelque peu avancés vers le médio pied et aident donc la chaussure à conserver votre foulée bien dans l’axe, sans toutefois que cela soit une gêne. Ça ne bouge pas. Mon pied est bien en place. C’est ce qui compte. Il faut dire que la technologie Guide Rail (c’est marqué sur la semelle intermédiaire) est aussi là pour vous y aider. C’est un peu comme une boule de bowling qui revient dans son rail. Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Revoyez The Big Lebowski des frères Coen. Je n’en dirai pas plus. Pas d’inconfort non plus à l’avant-pied : l’espace est particulièrement large et agréable pour mes (gros) orteils : après mes sorties de 3h où je mixe route et sentier, j’ai les ongles intacts, c’est un signe, un bon signe. Sur marathon, je ne serai pas embêté. C’est un problème que j’avais eu le malheur d’expérimenter avec ma paire de première Transcend, sur le marathon de Paris. Ce modèle chausse donc plus large. C’est écrit. Dans ces cas-là on se dit que pédicure, c’est un métier d’avenir.

Semelle intermédiaire

Un des premiers changements notables par rapport aux modèles précédents, c’est donc cet avant-pied non seulement plus large mais également beaucoup plus souple. Dès les premières foulées, j’ai en effet le sentiment de retrouver les sensations caractéristiques de la Transcend à laquelle je suis habitué : on ne sent pas les chaussures. Le petit truc en plus ici c’est désormais que ma légère pronation se corrige toute seule. Je sais, c’est fou ! La stabilité, croyez-moi, je connais : je cours le plus souvent en Brooks Ravenna, avec lesquelles je sens évidemment beaucoup plus de correction de pronation.

Du fait de son drop raisonnable, cette Transcend 4 me donne, elle, l’impression de courir avec le pied à plat, ce qui est assez perturbant au départ et me fait un peu ‘’taper’’ le sol avec un bruit de semelle caractéristique, du moins sur mes premiers appuis. Et puis, grâce à sa souplesse et sa légèreté, je m’adapte rapidement. Sur les attaques médio-pied, la chaussure est réactive et également très agréable lorsqu’on accélère un peu. Bon, vous ne ferez sans doute pas 35 min au 10 km avec cette nouvelle Trascend 4, mais elle a le mérite de conserver des sensations tout à fait correctes sur des phases de changement d’allure.

Quand on regarde l’amorti de la chaussure, il apparaît vraiment très épais, très très épais. Mais c’est un peu la tendance générale chez toutes les marques et puis avec le nouveau système de mousse (SUPER DNA), 20% plus léger que le système d’avant (BioMoGo DNA), la chaussure reste étonnamment bien souple. La marque vante en effet les mérites de cet amorti en expliquant qu’il s’adapte à la foulée des coureurs, qu’il fasse 75kg comme moi ou plus de 100kg. Je ne peux évidemment pas garantir que ça fonctionne pour tout le monde mais, en ce qui me concerne, j’ai ressenti une superbe sensation de fluidité et de stabilité. C’était assez grisant, malgré le côté « gros pavé » du design, je le répète.

La semelle externe

Elle est bien large, elle aussi. Du coup, la surface de contact avec le sol est plus importante que sur beaucoup d’autres modèles, ce qui ajoute sans conteste à la stabilité de l’ensemble et démontre bien que ce modèle est pour tout les types de coureurs mais surtout ceux qui veulent une bête capable de tout attaquer. Les encoches de flexions sont également plus creusées que sur les modèles précédents, ce qui laisse présager une vraie souplesse – comme la vidéo ci-après que j’ai réalisée dans le stade Panathéïque nous le démontre. On est donc loin des chaussures de clown que l’aspect de ces Transcend peut laisser apparaître (la faute à la couleur du modèle testé sans doute). Des marches d’escaliers m’ont semblé être une bonne idée pour illustrer ce propos : en montant ou en descendant, ni le volume des chaussures ni la semelle extérieure ne m’ont joué de tour. A noter : alors que les marches sont en marbre, surface glissante par excellence, mes pieds ont été assurés du début à la fin. C’est assez rare pour être précisé : ces Transcend 4 offrent donc une adhérence vraiment supérieure à la moyenne. « Run happy » dit la boîte dès l’ouverture. En effet.

Conclusion

Une chaussure sans vrai défaut et qui devrait convenir au plus grand nombre. Elle n’est bien sûr pas faite pour aller vite mais c’est un très bon modèle – plutôt parfait même – pour s’entraîner en endurance fondamentale et faire des courses de distances moyennes à longues. N’en attendez donc pas des miracles sur du fractionné court où, malgré son étonnante légèreté et sa souplesse de semelle, elle ne peut soutenir la comparaison avec une Brooks Pure Grit ou une Brooks Hyperion. Un vrai défaut par contre, mais c’est désormais, malheureusement, une mauvaise habitude de beaucoup d’équipementiers : son prix. 170€ ? Vraiment ? OK, allez, c’est bien parce que la chaussure est vraiment « transcendante » puisqu’elle agit vraiment comme une chaussure universelle qui s’adresse à tout le monde. Tenez, j’irai même jusqu’à dire que chausser cette Transcend 4 c’est comme porter du sur mesure, une Weston quoi. Ah ouais ? Carrément.

Dans la même rubrique

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest

Share This