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Marie adepte et arbitre de triathlon ...

La saison 2012 a débuté et certains runners vont sautez le pas et ajouter 2 disciplines à leur sport favori … Ils vont débuter en triathlon … Alors Marie, qui dans ce domaine possède une petite expérience en tant que pratiquante et arbitre, vous explique comment débuter dans ce sport aux facettes multiples …

Vous courez beaucoup, vous pédalez pas mal, vous nagez un peu… bref au début, ça vous a juste effleuré et puis l’idée à fait son chemin : pourquoi ne pas essayer un triathlon ?

Les distances

Le triathlon se déclinent en plusieurs formats et plusieurs appellations.

  • le triathlon découverte : accessible à tous (des distances autour de 400m de natation/ 20km de vélo/ 5km de course à pied)
  • le triathlon sprint : les mêmes distances environ, le niveau est un peu plus haut (à noter qu’un triathon peut à la fois être « découverte » et « sprint » s’il accueille à la fois des débutants et un championnat par exemple)
  • le courte distance (CD ou DO comme Distance Olympique) : 1500m/40km/10km
  • Le longue distance(LD)avec 3 formats possibles
    - 1900m/90km/21km souvent appellé half Ironman
    - 3000m/80km/20km
    - 4000/ 120km/30km
  • Le format dit « Ironman » (IM) 3800m/180km/41,195km, même si tous n’ont pas le label Ironman qui est une marque déposée.

Il existe aussi des « cross triathlon » (les anciens « triathlons verts ») où le vélo de route est remplacé par du VTT et la course sur route par du trail et il existe aussi le label Xterra pour les triathlons natures.

On nous conseille en général de se tester sur une petite distance … Mon premier triathlon fût donc un sprint.. et je me suis juré que ce serait le dernier, bien trop violent pour le diesel que j’étais: faite donc comme vous l’entendez ! Lire la suite

Le matériel

En plus de votre matériel habituel pour courir, pédaler et nager, l’enchaînement des épreuves n’est guère propice au changement de tenue, essayez donc de vous dégoter une trifonction que vous pourrez porter du début jusqu’à la fin. Si vous vous lancez dans les longues distances vous pouvez aussi changer de bas pour un cuissard de vélo puis un short de course. Gardez bien à l’esprit qu’il est interdit de se mettre nu(e) dans le parc à vélo, s’il n’y a pas de tente pour s’habiller il vous faudra brider vos exhibitionnistes penchants et prévoir une ample serviette pour cacher vos attributs.


La natation se pratique en eau vive et nécessite dans la plupart des cas une combinaison de triathlon. Elle est interdite au delà d’une eau à 23,9°C et obligatoire en dessous de 16,1°C. Elle est souvent onéreuse (à partir de 250 Euros pour les modèles bas de gamme). Si vous n’êtes pas certain de vous lancer dans le triathlon, vous pouvez essayer de vous en faire prêter, d’en louer une (sur les grandes épreuves) ou d’essayer les modèles décathlon pour surf qui -paraît il- ne font pas trop mal l’affaire. (éventuellement en découpant les bras pour avoir de l’aisance au niveau des épaules).
La combinaison est une atout important pour les nageurs moyens car elle accroît considérablement la flottabilité.

Il serait judicieux de prévoir aussi une ceinture porte dossard en élastique pour attacher votre dossard (avec TROIS épingles à nourrice) qui doit se positionner à la taille, derrière en vélo et devant en course à pied.

L’inscription

C’est là où le bât blesse ! Les assurances qui ont fait main mise sur les fédérations sportives exigent en France des émoluments qui font ricaner les compétiteurs étrangers. Il faut non seulement présenter un certificat médical permettant la pratique du triathlon en compétition datant de MOINS DE SIX MOIS (nouveauté 2012), mais surtout acquitter un « pass journée » dont le tarif est proprement prohibitif pour les longues distances ! A vous de faire vos calculs mais il souvent plus intéressant de se rapprocher d’un club de triathlon (certains se sont spécialisés dans les licences à distance).

Le parc à vélo

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Voilà c’est décidé, vous vous lancez ! Vous arrivez votre vélo à la main et votre équipement sur le dos dans le parc à vélo. Voici votre premier contact avec l’arbitrage. Ces hommes et femmes en noirs rayés de blanc sont là pour faire respecter les très nombreuses règles et faire en sorte que la compétition soit équitable pour tous.
Avant de vous laissez rentrer dans le parc, ils vont vérifier que votre vélo est conforme (attention de bien avoir les bouchons à l’extrémité de votre guidon), que vous avez votre casque (« non pas dans le sac madame, vous devez vous présenter avec votre casque sur la tête jugulaire fermée ») et votre dossard et que vos bras et jambes sont bien numérotés (bien utile en cas de démembrement par un requin bouledogue..)
Tout au long de la course, ils vont veiller à son bon déroulement et éventuellement distribuer des cartons (et oui comme au foot!) ou des avertissements verbaux
carton jaune : avertissement ou remise en conformité
carton noir : pénalité (en cas de drafting, d’aspiration abri en vélo)
carton rouge : élimination

Une fois rentré dans le parc, surtout ne pas paniquer !Bienvenue dans le monde du triathlon : un étalage de muscle et de beaux matos. Rassurez vous, tous les triathlètes ne sont pas sur ce modèle et les plus fanfarons ne seront pas forcément les plus frais à l’arrivée. Vous trouverez forcement des gentils qui ne se prennent pas au sérieux au milieu de ces frimeurs, il n’y aucune honte à débuter !
Une fois vos affaires installées à votre place, casque, lunettes, dossard, chaussures de vélo prêts à être enfilés à la sortie de l’eau, il est temps de vous affubler : bonnet de bain, lunettes, et combinaison.

La natation
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Des mois que vous vous demandez comment survivre à un départ de triathlon….. que dire ? Forte de mes années de pratiques je me retrouve toujours tremblotante sur le bord à chaque compétition en me posant la même question…
Chacun fera comme il le voudra selon son niveau et son sens du contact ! Pour ma part, j’ai horreur de prendre des coups, je ne supporte plus de me retrouver dans la lessiveuse et je choisis toujours de partir tout à la fin ou à l’extérieur, quitte à remonter une bonne partie du peloton et à être assez loin de mes temps de référence. J’estime que le stress de la bagarre est trop gourmand en énergie, je préfère me préserver et remonter en vélo ceux qui se sont épuisés dans l’eau.

Si vous êtes un très bon nageur et que vous faites la course en tête attention de bien suivre les indications de parcours en repérant les bouées. En général, il suffit d’un coup d’œil pour repérer la trajectoire tracée par la meute. Pensez quand même à lever le nez très régulièrement pour éviter les si fréquentes déviations !
La combinaison , comme vous avez pu le constater en la testant auparavant en eau vive, aide considérablement à flotter, malheureusement elles sont toujours conçues pour les nageurs de crawl et gêne parfois les brasseurs par manque d’élasticité au niveau des hanches. N’hésitez pourtant pas à alterner les nages (vous oublierez le papillon..) si vous n’êtes pas un crawliste émérite. J’ai vu des filles qui passaient les bouées en dos avec brio, d’autres qui nageait la brasse sur l’intégralité d’un Ironman.
N’oubliez pas qu’en cas de panique, vous avez le droit de revenir au bord pour reprendre confiance (à condition de reprendre le départ du même endroit) et qu’il est permis de s’accrocher aux points fixes pour souffler (bateaux ou bouées). Par contre, ne courez pas sur le fond (sauf au départ et à l’arrivée), ne vous faites pas traîner par un esquif, vous vous feriez éliminer.

A l’arrivée de la natation, il vous faudra vous extirper de votre combinaison (on peut s’arrêter éventuellement et s’appuyer à une barrière), plus vous tarderez à l’enlever plus ce sera délicat…. La tête tourne au sortir de l’eau, rien de grave, vous êtes en hyperventilation après la natation, quelques minutes sont nécessaire à votre organisme pour reprendre une respiration adaptée à la course à pied et au vélo.

1 ère transition

Rangez votre combinaison, elle aura moins tendance à disparaître ! (c’est malheureusement la triste réalité des parcs à vélo…) et jetez vous sur votre casque avant toute chose !! Une fois mis (jugulaire fermée) vous vous occupez du reste : lunettes, dossard, chaussures et chaussettes éventuelles.
Il existe deux écoles pour les chaussures de vélo:

  • chaussage « normal » à votre emplacement avec ou sans chaussettes, il faut donc courir jusqu’à la sortie du parc avec ses chaussures de vélo aux pieds avant de caler (interdiction de monter sur le vélo dans le parc!)
  • chaussage en vol avec les chaussures sur les pédales, retenues à l’horizontale par un élastique,il convient de courir pieds nus jusqu’à la sortie du parc puis d’un geste élégant et précis prendre son envol pour retomber le cul sur la selle et les pieds dans les chaussures ! (une prière à Notre Dame des équilibristes …)
  • chaussage en vol non acrobatique pour mémère dans mon genre qui prend le temps d’enfourcher le biclou et de poser un pied sur une chaussure avant de s’élancer….

Le Vélo

C’est la partie la plus longue de la compétition. C’est aussi le moment idéal, pour vous hydrater et vous alimenter mais surtout ne vous débarrassez d’aucun déchet !
L’abandon de détritus encoure l’élimination. Certains arbitres (dont je fais partie) ne supportent plus du tout de voir les compétiteurs saccager les paysages en balançant leurs bidons dans le fossé et sont particulièrement prompt à dégainer le carton rouge ! …
Un bidon dans la nature est là pour plus de 1000 ans, il oblige les bénévoles à faire le ménage après la course et oblitère grandement la bienveillance des pouvoirs publiques locaux à l’égard des manifestations sportives.

Les organisations luttent tant qu’elles peuvent contre ce fléau et mettent maintenant systématiquement en place des zones de propreté derrière chaque ravitaillement où vous pourrez vider les poches de toutes vos saletés.

La plupart des courses (hormis Paris et la Baule) interdisent la pratique du drafting (autrement dit du peloton ou de l’aspiration abri). Cela signifie que – sauf en cas de dépassement sur une très courte durée- vous devez respectez des distances entre les concurrents sous peine de prendre un carton de pénalité (carton noir). Vous devez laissez 7 mètres derrière (la distance est compté depuis le début de la roue avant du vélo vous précédant) et 3 m de coté entre les triathlètes. Derrière une voiture, il faudra laisser 30m d’écart.
Prenez garde que c’est à vous de faire respecter ces distances, si un malotru vous double et se rabat devant votre guidon, il est de votre responsabilité de vous écarter. Comble de malchance, il est interdit de traverser la ligne médiane de la chaussée. Vous râlerez un peu en gérant ces paramètres sur les premiers kilomètres, rassurez vous, vous trépignerez vite de rage en admirant les sans-honte qui, profitant de l’absence d’arbitre, vous doublent en peloton bien serré….
Vous jubilerez en les voyant se faire pincer un peu plus loin, chic distribution de carton noir! Ces indélicats vont devoir faire une boucle de pénalité (situé sur le parcours de course à pied) pour chaque carton noir. Au 3ème carton, la course est terminé pour eux, ils sont éliminés.

2 ème transition
Enfin le parc à vélo. Vous pouvez ôter vos chaussures avant la ligne au sol pour gagner quelques secondes , par contre n’enlevez pas votre casque avant de poser votre vélo, vous écoperiez d’un carton avec remise en conformité (on vous demandera de remettre votre casque avant de continuer).
Une fois débarrassé du biclou, vous pouvez enfiler vos chaussures pour vous élancer sur le parcours pédestre. Il n’est plus temps de réfléchir à l’existentielle question du triathlète : avec ou sans chaussettes ? Selon votre humeur, la distance et le tannage de vos ripatons vous choisirez ce qui vous convient le mieux.

Course à pied

Au début ce ne sont pas vos pieds qui vont vous faire souffrir c’est tout le reste ! Vous avez passé plusieurs heures allongé sur le vélo, votre corps doit se redresser, les jambes travailler autrement, c’est le moment précis où on se dit que cela ne va pas être de la tarte ! Petit à petit le corps reprend ses habitudes, il s’agit de gérer son effort pour réussir à aller jusqu’au bout. 
Pas de crainte à avoir au niveau de l’arbitrage, excepté le jet de détritus toujours sanctionné, pas de réglementation particulière, vous pouvez vous caler dans la foulée d’un autre concurrent sans vergogne.
Veillez simplement à votre dossard qui doit être devant et à la taille, tenez bon, voilà c’est fini…. BRAVO !!

C’était chouette non ? Vivement le prochain !

Marie Coviaux

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