Fred
Malgré son âge quelque peu déjà avancé, Frédéric est un jeune coureur puisqu’il a débuté la course à pied il y a seulement 3 ans. Il lui aura donc fallu plus de 40 ans pour accueillir en son esprit l’étincelle divine. La révélation ? Non pas un vitrail du XIe siècle où des voies entendues au sommet d’une colline perdue des Yvelines mais l’envie finalement suscitée par l’attente répétée de l’arrivée de ses enfants chaque dimanche sous la pluie, les pieds dans la boue, sur la ligne du cross de Mézy-Séou ou de Sétissy. La vérité sort parfois des … pieds des enfants
Stop ! On rembobine ! L’honnêteté intellectuelle oblige à dire qu’il y a eu une première vie de coureur à pied, certes très brève, avant celle-ci. Nous n’évoquerons évidemment pas les années collège et lycée où le seul objectif de notre ami était de ne pas finir dernier au 12 tours de la cour (« Yes ! J’ai gratté Dugenou) mais cette période située entre ses 18 ans et ses 19 ans où, sans entraînement, il s’est piqué d’écumer les 20km du bassin minier avec des résultats d’une médiocrité affligeante (« Tu n’es pas dernier – décidément -, il y a encore quelques petits vieux derrière » avait l’habitude de dire son père).
Un passage assez long par le golf, sport très physique s’il en est, puis, sous l’impulsion d’un bataillon de secrétaires, plusieurs années de fitness (tou tou you tou …) lui ont permis d’aborder la quarantaine sans bedaine et avec un physique rappelant singulièrement celui des Kenyans (1m85, 66kg). C’est donc armé de ce bagage sportif qu’il a, enfin, abordé sérieusement la course à pied.
Et qui dit sérieusement, dit vraiment sérieusement avec pour débuter l’inscription dans un club (L’Athletic Club Cellois) avec des premiers mois franchement difficiles et le retour de la … dernière place aux entraînements. Nonobstant, faisant montre de tout son courage, il s’est accroché jusqu’à pouvoir pratiquement suivre ses camarades. Quelques participations à des 10km lui ont rapidement ouvert les yeux sur ses capacités réelles (« Course de jeunes ! ») et l’ont naturellement orienté vers des distances un peu plus longues. Sur un coup de tête, il s’est inscrit au Marathon de Paris 2009 (3h42) et c’est là que sa vie a pris un nouveau tournant.
Du point de vue sportif, il s’est mis à suivre à la lettre des plans d’entraînement structurés à 5 séances par semaine, les yeux rivés sur son Garmin afin que sa vitesse reste bien comprise entre 14,21 km/h et 14.32 km/h sur les 243.43 m de fractionné à répéter 36 fois le matin à jeun. Ses progrès ont été fulgurants : 3h13 au Marathon de Paris 2010 (diable ? ne ferait-il que cette course dans son année ?).
Du point de vue … people, le garçon discret s’est mis à vouloir raconter sa vie son oeuvre sur le web, d’abord sur un blog perso puis sur le site Wanarun.net dont il est rapidement devenu l’un des piliers – tout en conservant son poids de 66kg), puis sur sa page Facebook puis, devant la grande qualité de ses écrits (signalons au passage que la modestie est l’une de ses qualités majeures) dans la revue Jogging International. L’écrit ne lui suffisant plus pour conquérir les coeurs d’une audience toujours de plus en plus vaste, il est passé à la télévision. OK, sur la TNT (BFM TV http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite/detail/fivefingers-la-basket-en-forme-de-gant-360591) et le câble (France24) mais ce n’est sans doute qu’un début.
S’il est passé à la télé, ce n’est – malheureusement pour lui – pas pour sa plastique de rêve mais parce que notre ami est l’un des précurseurs en France du running minimaliste et utilisateur patenté de Vibram Five Fingers, Kigo Edge, Terra Plana EVO et autres huaraches faites maison (oui, on peut courir en sandales ! vidéo à l’appui). Tellement convaincu par cette approche nouvelle de la course à pied qu’il l’a poussée aux limites jusqu’à la fracture de fatigue d’un métatarse du pied droit fin 2010. Qu’à cela ne tienne ! Il recommencera. La télé lui manque
…





















