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Protections rapprochées

Texte et photos par Feancois-Xavier Gaudas.

Gore One Active Run, 158g, 300€. Fusion Windstopper, 200g, 200€. Infos sur goreapparel.eu/

La saison de trail vient de commencer, l’occasion pour nous d’aller braver les éléments pour tester et vous conseiller the bon matos qui vous emmènera jusque sur la ligne d’arrivée sans avoir l’impression d’être Bob l’éponge. Aujourd’hui, un double test de l’emblématique marque Gore : une veste imperméable pour les conditions de pluie très difficiles et une autre Windstopper testée pendant l’hiver. Enfilez d’abord la manche droite, puis la gauche, zippez, c’est parti !

Première impression en enfilant cette première veste haut de gamme : c’est incroyable comme c’est léger ! Avant même d’aller courir avec, je lui décerne le titre de championne du monde des poids mouches : 158 grammes, à peine. Prends ça Brahim Asloum !

Outre cette légèreté, les finitions sont impeccables. On en attend pas moins d’un produit à ce prix-là c’est vrai mais il est important de le souligner. La poche à fermeture éclair au niveau du cœur est assez grande pour accueillir un iPhone 5s mais malheureusement pas un Samsung Galaxy ni un iPhone 6 ou encore un 7. Un gel ou deux, une barre ou deux, ça passe, sans problème. D’ailleurs la poche est quasi invisible – on ne la voit presque pas sur ce coloris noir. A l’intérieur, un élastique pour refermer la veste dans la poche. C’est ingénieux et cela prend 30 secondes. La veste taille un peu ‘’fit’’ donc si comme moi vous êtes habitué à porter du M, optez  pour la taille au dessus. Je mesure 1m77 et elle m’arrive pile au niveau des hanches. Je n’ai qu’un reproche à faire à ce modèle à ce moment du test et il est purement esthétique : j’ai un pli tout moche au milieu du ventre. #tristesse #pasgrave #maistristesse.

C’est donc parti pour le premier run avec pas mal de vent au menu mais une température printanière de 10-12 degrés. Ici c’est Paris ! Je ne porte qu’un simple t-shirt en polyester en dessous. Les premières sensations sont très bonnes : on ne sent absolument pas la veste, elle bouge avec le corps et n’encombre pas les mouvements. On se sent à l’abri, protégé. La capuche tient parfaitement en place quand on l’enfile et ne gêne pas le moins du monde si on décide de la laisser de côté. J’insiste un peu sur ce détail car il m’est arrivé de tester des vestes dont la capuche venait, à la moindre bourrasque, se coller à l’arrière de mon crâne ou à un côté de mon visage façon Dany Boon « le K-way ». Ça énerve.

Au bout de quelques kilomètres, je me suis réchauffé mais pas au point d’étouffer. C’est souvent le problème que l’on peut rencontrer avec une veste totalement imperméable car si la température n’est pas assez basse on a vite chaud et l’effet ‘’sauna’’ se fait rapidement ressentir car la sueur ne s’évacue pas et provoque un effet de condensation. Rien de tel ici – du moins pour le moment – et c’est un excellent point. J’avoue être surpris, d’autant que mon ami mais néanmoins boss Gaël Couturier ne jure que par Polartec et est très critique sur la respirabilité des produits Gore (« ça marche jamais fais gaffe » m’avait-il asséné !). Mais moi je n’ai eu aucun souci, la légèreté du produit y est sans doute pour quelque chose et la membrane fonctionne bien.

La technologie Gore-Tex repose sur une composition chimique ultrasophistiquée faite de polytétrafluoroéthylène expansé (ePTFE). Si vous voulez le placer au Scrabble celui-là vous pouvez tout simplement utiliser son nom le plus courant : c’est du téflon ! Le tissu utilisé est donc extrêmement technique et composé de millions de nano-pores (1 milliard et 400 millions pour être précis) au centimètre carré. Ils sont  20 000 fois plus petits qu’une goutte d’eau et la membrane ne dépasse donc pas 0,01mm d’épaisseur. La transpiration n’a donc aucun mal à s’évacuer et vous restez au sec même par conditions de pluie difficiles. Si Gaël je t’assure ! Non mais 8

Au bout d’une heure de course, je n’ai pas ressenti un seul problème quand à ma motricité: l’angle de la veste sur les coudes est parfait. Elle tient de manière impeccable aux poignets. Seul bémol à ce niveau-là : un passe doigts aurait été le bienvenu pour se couvrir les mains quand on ne porte pas de gants. Je me suis déjà retrouvé gelé après une bonne saucée. J’ai bien tenté de me recroqueviller les mains à l’intérieur des manches, mais rien n’y a fait. Je me les suis gelés comme on dit vulgairement. Enfin, pour aller encore plus loin dans le test de l’imperméabilité de cette veste, je lui ai fait passer l’épreuve de la bouteille d’eau. Posée sur le sol, je l’ai allègrement arrosée et le résultat a confirmé les impressions de course : l’eau reste en suspend et ne pénètre pas à l’intérieur. En la secouant (voir photos ci-dessous) on voit bien les gouttes être éjectées et non absorbées. Technologie Shakedry validée !

Sur une dizaine de sorties pour effectuer ce test, quelques-unes ont été effectuées en nocturne et, même si je ne peux pas vous dire si les bandes réfléchissantes sur les manches, le dos et la poitrine m’ont sauvé la vie, je peux vous assurer qu’elles réagissent très bien aux phares des voitures et même au flash de mon téléphone. Je fais donc désormais une totale confiance à Gore de ce côté-là. 

Conclusion

Si vous ne possédez pas encore de veste imperméable et que vous recherchez un produit ultra léger et ultra méga efficace, ce modèle est fait pour vous. C’est un bon petit soldat d’élite, un parfait légionnaire qui fait le boulot sans rechigner sous la pluie et le vent, s’oublie très vite une fois porté ou même dans le sac à dos. Bon, son prix est un peu élevé mais il se situe dans la moyenne des bonnes vestes imperméables. Voici donc une veste efficace et sans fioriture qui trouvera sa place à la fois chez les coureurs mais également les randonneurs. Et là Gaël ne dit plus rien. Enfin !

Gore-Tex Fusion Windstopper

Changement de gamme. Il s’agit cette fois-ci d’une veste déperlante et taillée pour affronter des conditions venteuses ou des changements de température soudains mais pas les grosses pluies violentes. Comme sa copine testée plus haut, elle taille près du corps, possède une poche zippée au niveau de la poitrine dans laquelle on peut aussi la replier facilement – et une capuche. Son poids est également incroyablement léger, à peine plus de 200 grammes !

J’aime également beaucoup le coloris un peu moutarde (la veste est également disponible en bleu) et l’aspect esthétique général du produit. Vraiment il donne envie d’être porté. Tout ça est subjectif, je sais, mais je le dis. On voit bien que les coutures sont thermo-collées et les fermetures éclair d’excellente qualité.

J’ai porté cette veste au début de l’hiver, en décembre, et je dois dire que je n’aurais pas pu porter de veste plus adéquate aux conditions que j’ai affrontées sur quelques ultra trails : températures très basses et sous-couche hiver indispensable en dessous. Les premiers mètres furent difficiles, la veste était un peu serrée, mais après 4 à5 kilomètres, je me sentais à nouveau bien. Attention à bien utiliser cette veste en dessous de 10-12 degrés sans quoi vous allez vite avoir chaud. La technologie Windstopper protège très bien du vent et d’une pluie fine mais peut vite avoir un effet de sauna si vous transpirez trop (ah il est content le Gaël là…).

Sous des températures basses, cette Fusion se fait donc complètement oublier. Sur les 10h que j’ai passées avec sur une compétition, je n’ai jamais ressenti de gêne ni subi de frottement intempestif – mis à part l’habituel bruit de ‘’sac poubelle’’ quand même. Il faut le noter. Pas de doute néanmoins, on a bel et bien à faire à un produit taillé pour le trail et la nature en général !

La capuche n’est pas réglable par contre mais elle s’ajuste correctement autour de la tête et ne se soulève étonnamment pas au moindre coup de vent. Par temps de pluie, elle m’a vraiment maintenu au sec pendant plus d’une grosse heure. C’est à noter ! C’est d’ailleurs un point qui m’a surpris sur ce modèle tant il résiste bien aux averses alors qu’il n’est ‘’que’’ déperlant. Attention tout de même à ne pas laisser son téléphone dans la poche en cas de grosse averse : il sera lui aussi mouillé les amis. Je ne suis donc pas en train de dire que cette veste est aussi efficace qu’un modèle imperméable mais pour des sorties courtes, et tant que vous ne prenez pas de pluie tropicale sur le coin de la figure, elle fait parfaitement l’affaire (le tissu est traité avec une polymère déperlante sur les couches supérieures).

Quant au vent, il ne s’est pas non plus engouffré dans la veste au point de la faire gonfler ou de m’empêcher d’avancer mais il a bien fait ballotter la capuche quand je ne la portais pas. En la cachant au niveau de la nuque on s’en débarrasse vite mais cela demeure un point négatif.

Conclusion

Voici une veste très polyvalente. Sur courte comme sur longue distance, par températures basses ou moyennes, elle est très confortable, fonctionnelle et peut résister à une grosse averse plus facilement que prévu. Elle est clairement orientée trail mais un coureur ‘’bitume’’ pourra tout à fait la porter lors de courses humides.

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