Mohamad Ahansal répond aux questions de Sylvain Bazin

Une interview exclusive de Mohamad Ahansal pour Running Café par Sylvain Bazin.

« Le plus beau MDS de ma carrière ».

Nous avons rencontré Mohamad à Lyon, en phase de récupération. Le champion marocain, vainqueur de son 4e marathon des Sables au début du mois d’avril, n’avoue avoir recouru que deux fois depuis sa performance saharienne. Une victoire qui ne souffre aucune contestation, tant Mohamad a semblé dominateur cette année : il accumule les victoires d’étapes et termine avec plus d’une heure d’avance sur son dauphin, le jordanien El Aakra.  Mohamad semble être totalement sorti de l’ombre de son frère Lahcen, dix fois vainqueur de l’épreuve. De quoi lui donner confiance et ambition pour la suite.

Mohamad, ta victoire a semblé plus facile cette année, est-ce que tu l’as vécu ainsi ?

Oui et non, je me sentais bien, j’étais bien préparé. Quand j’ai vu que j’ai pu accélérer dans les cinqs derniers kilomètres de la deuxième étape, ça m’a donné confiance. Mais bon on est jamais à l’abri d’une défaillance ou d’une blessure, et dans ce cas que l’on ait cinq minutes ou trente d’avance, ça ne change pas grand-chose.

Comment s’est passé ta préparation ?

Vraiment bien. Cette année j’ai commencé  à la mi-janvier et après tout s’est très bien enchaîné, en mars je sentais que j’étais bien, mieux que l’an passé. J’ai aussi beaucoup couru en montagne, dans l’Atlas et j’ai ressenti les bienfaits de cet entraînement pendant la course, dès que ça montait ou que ça descendait, je faisais la différence.

Qui craignais-tu le plus parmi tes adversaires ?

Je pense qu’il y avait un bon plateau cette année, notamment le jordanien, Aziz El Akad, l’américain Wardian  et quelques nouveaux coureurs dont le marocain Mustapha, qui termine 7e.

Quand Aziz a abandonné, je me suis dit que c’était dommage pour lui, il semblait vraiment bien préparé. Après l’américain était fort, mais il a pris un coup de chaud sur la 3e étape. Je pensais donc que j’avais de bonnes chances, même si on ne sait jamais ce qui peut arriver. Moi aussi j’aurai pu prendre un coup de chaleur !

Au niveau alimentaire, as-tu adopté une stratégie particulière cette année ?

Oui, cette année j’ai mangé des pâtes, de la semoule, un peu de viande séchée, des amandes et beaucoup de dates. C’est un goût auquel je suis habitué et en plus  c’est super niveau glucides. Il faut être très précis sur l’alimentation lors du MdS et surtout savoir quoi ingérer à quel moment. J’ai pris très peu de barres et de gels cette année.

Et la récupération se passe bien ? Comment envisages-tu ton programme pour la suite de la saison ?

C’est difficile, après le marathon des sables j’ai toujours une période difficile. Physiquement et psychologiquement je suis à plat. Mais bon je vais reprendre tranquillement. Je n’ai rien prévu vraiment avant les championnats d’Europe de 100 km à  Gibraltar début octobre et le grand raid de la Réunion, où j’aimerai bien faire une bonne performance.

Propos recueillis par Sylvain Bazin