Retour sur l’aventure des Templiers …
J’arrive sur Millau vers 12h00 le samedi, afin de profiter un peu du salon, voir le départ de Patrick sur le Marathon des Causses et celui de mon pote Antoine qui fait le Challenge Viaduc-VO2. Ce qui est bien sur ce Festival, c’est qu’il y a des courses pour tous. Moi c’est ma 3 ème participation et j’ai fait 4 courses différentes. Il est vrai que depuis que je me suis jeté dans le bain du trail, celle qui me fait rêver c’est La Grande Course des Templiers.
Me voilà dans la place. Il y a beaucoup monde, de l’élite à l’amateur et nous faisons notre petit tour sur le site de départ pour s’imprégner de l’ambiance.
Je prends une petite collation Aveyronnaise et fais quelques rencontres sur le Salon, »Coucou Caro … ». Je me dirige au pied de la montée de Carbassas pour le passage du Marathon. Je sais que devant il y a du monde de Manu Meyssat à J.C Bette la nouvelle recrue du team Garmin, en passant par Ricard Stéphane de chez Tecnica … et dans le peloton un dénommé Patrick VDB.
Patrick est bien concentré et passe sans même une émotion devant ses supporters :-) Il faut dire que cette bosse est quelque peu intimidante avec ses 473 m de D+ sur 2,695 kms, presque toutes les courses y ont droit. LIRE LA SUITE …
Je redescends rejoindre mon pote Antoine qui, lui, se prépare pour sa seconde course du week-end. La veille le Trail du Viaduc s’est couru sous une pluie torrentielle. Aujourd’hui c’est beaucoup plus sec et froid. Les températures baissent au fil de la journée. Je l’accompagne pour déposer un sac de change à la consigne. Et là je tombe nez à nez avec Kilian Jornet et Emelie Forsberg qui cherchent l’entrée sur le salon. Les Templiers ont bien pris une dimension internationale ! …
Après le départ rapide de la VO2, je remonte me positionner dans la dernière descente sur l’aire d’arrivée. Il y a beaucoup de boue et les chutes sont nombreuses. Surtout que 3 courses se mélangent sur cette fin de parcours.
Là je fais la rencontre de Christophe Malardé et nous échangeons sur ses impressions du week-end. Il a abandonné la veille sur l’Endurance Trail sur blessure et il me révèle être en admiration face à la force morale des anonymes du peloton qui effectuent des courses au long court sans l’assistance des teams. Le lendemain, au petit matin, il sera à la sortie de Peyreleau pour encourager les filles de son Team et leurs donner le classement. Bref une personnalité bien sympa.
Nous y voilà ! … Après une journée d’oisiveté, c’est à mon tour. Le réveil vient de sonner, il est 3H et j’ai peu dormi mais bizarrement je suis plutôt relax. Je me concentre sur les préparatifs d’avant départ. Petit déj, sac, tenue, ravito, …
J’ai 40 mns de route pour rejoindre Millau, la route est gelée et la neige est bien tombée du côté lozérien. Du coup J’arrive sur la ligne 5 mns avant le départ. Thierry Breuil est au micro. Je suis mal placé. D’un coup le décompte, les fumigènes, la musiques et me voilà happé par les 2500 trailers qui s’élancent sur les 3 premiers kilomètres qui se font sur la route. Je n’arrive pas à trouver mon rythme. Il est difficile de doubler et je préfère rester patient. L’expérience m’apporte un peu de sagesse et la route est encore très longue.
La première difficulté arrive vite.
Il est toujours difficile de doubler. Il fait de plus en plus froid. Arrivé sur le Causse le vent souffle très fort. La neige n’arrive pas à toucher le sol. Elle virevolte dans l’air. L’eau de ma poche à eau est gelée dans le tuyau. Heureusement j’ai une bouteille de boisson isotonique. J’ai prévu de partir avec 1litre d’eau et de ne remplir que ma bouteille pour ne pas perdre trop de temps aux ravitos. En effet, le remplissage des poches à eau est une épreuve, sans compter qu’il est difficile de refaire le vide d’air. On se retrouve ainsi avec l’eau qui ballote dans le dos et qui fait un « foin d’enfer ». De quoi énerver le trailer le plus calme ! …
Sur le Causse il fait toujours nuit et le parcours sur les chemins forestiers n’arrivent pas à me mettre dans la course. Un combat s’engage entre ma raison et ma détermination. Christopher Mc Dougall en parle très bien dans son livre Born to Run. Vous savez quand votre tête, vous dit de ralentir ou qu’est-ce que tu fous là ? … et que malgré la douleur, le froid, vous continuez à courir.
J’arrive au premier ravito de Peyreleau 22 kms en 2H27 à 960 ème position. Un verre de coca, quelques morceaux de fromage et me voilà reparti. Il n’est jamais bon de s’attarder au ravito. On l’attend avec impatience mais il faut vite se projeter sur le suivant. La seconde difficulté se dresse devant moi et je ne vais pas très bien. J’ai eu froid et je me demande si je vais finir ?
Je fais la montée à l’économie, dans le flux d’une longue file indienne.
Arrivé au sommet, le vent est toujours là. Le parcours est tout en relance avec plein de petites montées et descentes. Je gère et laisse passer l’orage ; ça va revenir !… J’arrive au second ravito km 34 St André de Vezines.(990 ème) Je ne m’attarde pas devant le menu proposé, soupe, barre salée , nutraperf… Je commence à aller mieux et je ne voudrais pas qu’une tentation malheureuse vienne me perturber.
A partir de là, le parcours est somptueux, les jambes sont là. J’enchaine les passages techniques, jusqu’aux rochers du roc Altes, avec plaisir. Le passage sur les crêtes de la corniche du Rajol, s’effectue à bonne allure et je peux laisser mes qualités de descendeur s’exercer.
J’arrive à Pierrefiche 48,5 kms en 957ème position. Je repars très vite affronter le mur qui se dresse devant moi.
La montée est dure mais les jambes vont bien et ce n’est pas maintenant qu’il faut lâcher. Je me laisse prendre par un peu d’euphorie face aux encouragements chaleureux des spectateurs, les cloches sonnent, les cris, les applaudissements, allez FABIEN … Je perds un peu de lucidité et j’oublie de m’alimenter avant la plus grosse difficulté. Alors je fais une fringale dans la montée, heureusement un « Mars et ça repart … ».
La ferme de la Cade est là au Km 64,5. Je suis pointé 815 ème et je vais bien. La dernière bosse fait mal après il ne reste plus que la descente du Hibou. Je peux finir sous les 11h alors je relance. L’émotion monte avec l’ivresse de la vitesse en descente. J’ai du mal croire que je peux envoyer encore après plus de 10 heures d’effort.
Encore 50 m et voilà l’arche d’arrivée. Je suis finisher de La Grande Course des Templiers … Je finis à la 804 ème place en 10H58, modeste place mais pour une première sur un Trail long je suis satisfait. Ma progression se poursuit.
Ma préparation légère m’a permi de prendre du plaisir. Bientôt j’espère pouvoir performer.
Merci aux bénévoles, aux spectateurs et aux trailers que j’ai croisé de m’avoir fait vivre cette Aventure.
Fabien
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