Un marathon pas comme les autres
Le Marathon de la Banane, c’est un marathon, certes, donc il s’agit bel et bien de 42.195 kilomètres duments mesurés. Mais cette course présente de nombreuses particularités : la première est de se courir en Martinique, sous les tropiques. Tous ceux qui ont déjà tenté l’expérience de courir sous ces latitudes savent que l’exercice se révèle compliqué (la fédération internationale déconseille même d’organiser un marathon par plus de 26° et 60 % d’humidité, ce qui reviendrait à s’en passer pour pas mal de pays tout de même). Parmis les autres originalités de cette course qui connaissait le 6 juin sa deuxième édition, un parcours difficile, alternant route et chemins au bord des plantations, et pas vraiment plat.
Christophe Le Saux, un des meilleurs coureurs d’ultra trail français, vainqueur cette année du Raid Sahara notamment, qui vit à Cayenne en Guyane, se présentait au départ pour défier les meilleurs spécialistes de l’île ainsi que quelques coureurs internationaux venus renforcer le plateau martiniquais. Il nous livre ici son témoignage.
« Début mai je décide de m’inscrire à la 2 ème édition du marathon de la banane en Martinique afin d’apaiser ma déception de ne pas participer au Championnat de France de 24 heures par manque de budget. Avec l’aide de mon club (TAC) et mes quelques deniers me voila au départ de ce 42 km 195 très sélectif avec 6 km de cotes et 13 km de chemins boueux à travers les plantations. Cette épreuve pourrait être le championnat Antilles Guyane puisque nous retrouvons au départ les meilleurs coureurs régionaux comme Claude Nohilé, Eddy Boulate… ainsi que quelques métropolitains et un rwandais. Le coup de sifflet est donné à 5H du matin mais déjà une température de plus de 30° règne au Lamantin. Je suis dans le peloton de tête d’une dizaine de coureurs, mais au bout de 10 km je lâche car les attaques et le rythme sont trop élevés pour moi. C’est normal puisque que tous les athlètes ont un record personnel en moins de 2H35, qui reste mon temps de référence sur la distance. Me voila à la 11ème place et je fais cavalier seul, isolé que je suis entre deux groupes.
Enfin au km 22 je retrouve les chemins boueux, j’en profite pour maintenir mon allure et au km 33 je rattrape le peloton et je prends la tête avec 100 mètres d’avance. Au km 35 nous sommes regroupés à 10 coureurs, c’est là que le rwandais ean Damanescen décide d’attaquer et on ne le reverra qu’à la remise des prix : il termine 1er en 2H44. Je termine finalement 5ème en 2H50 après avoir tenté de résister sur la dernière portion de route.
Je suis très content de ma course car je ne l’avais pas préparée et le niveau était très relevé. Il faut en effet retirer au moins un quart d’heure aux chronos réalisés par rapport à un marathon « standard » en métropole.
Maintenant pour moi ce sera de la randonnée course et un peu d’alpinisme au Pérou dans la cordillère blanche en juillet en compagnie de ma femme avant de repartir en août pour la course la plus longue d’Europe, la Grande Traversée des Alpes, 14 étapes du lac Léman à Nice pour un total de 700 km et 30000 m de dénivelé positif. »
De nouveaux beaux challenges attendent donc Christophe, un coureur particulièrement talentueux et sympathique, qui aligne les performances sans se prendre au sérieux. Quant au marathon de la Banane nul doute que la troisième édition attirera encore plus de coureurs sous le chaud soleil martiniquais. car si l’on a dénombré quelques abandons dus à des insolations, le dispositif exceptionnel de ravitaillement et d’épongeage a su tout de même garder la fraîcheur pour les marathoniens, qui ont ainsi pu profiter de l’ambiance et des tambours sur le stade d’arrivée.
Résultat du marathon
- 1er Jean Damanescen (Rwanda) 2H44
- 2ème Thierry Jaques-Edouard (Martinique) 2H47
- 3ème Patrick Bonnet (Martinique) 2H48
- 4ème Noamen Ksouda (France) 2H49
- 5ème Christophe Le Saux (Guyane) 2H50
Infos sur http://www.marathonbanane.com/
Sylvain Bazin d’après le témoignage de Christophe Le Saux
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