Mon suivi de la TDS sur l’UTMB …
Cette année je suis non coureur sur l’UTMB et je m’embarque direction Chamonix avec une casquette de journaliste / blogueur … Pas de pression à part celle qui mousse mais malgré tout j’ai un emploi du temps super chargé entre les contacts avec des équipementiers sur le village le mercredi et le suivi des courses.
Arrivé mardi soir je suis logé aux Contamines. Malgré le super accueil au gîte « la ferme de Bon Papa » que je vous recommande au passage … cet hébergement avec mes copains du team Dassault Sports constitue un handicap car il est situé à 30 km du cœur de l’UTMB à Chamonix … Mais finalement j’ai réussi à suivre l’essentiel sauf la CCC …
Mon option journalistique …
J’ai choisi de suivre la TDS car je suis un peu agacé d’entendre parler de la CCC et de la TDS comme des courses mineures sortes de « lots de consolation » pour ceux qui sont refusés à l’UTMB … J’ai parfois entendu « Ah tu fais la petite ! … » … « C’est quoi la TDS ? … » … Or ces courses sont de VRAIES épreuves et de véritables projets pour traileurs entraînés et les « finishers » de ces épreuves sont de vrais costauds. LIRE LA SUITE …
Donc direction TDS avec 3 autres journalistes : un norvégien, un espagnol, un américain … pour suivre la course en 4×4 coaché par Cathy notre guide du jour … Au départ je retrouve Dawa qui m’avait emmené au Solukhumbu en 2009 au Népal. Après un « namasté » d’usage j’embrasse au passage mon pote Christophe Le Saux qui figure au rang des favoris sur cette épreuve très relevée. Mes copains de Dassault (Didier, Dominique, Jérôme, Olivier, Benoit, Bertrand) sont dans le peloton … Ils ont bouclé l’an dernier l’UTMB qu’ils ont fini ensemble et cette année ils s’offrent la TDS. Dans le peloton également, mais avec un objectif d’être dans les 30 notre chroniqueur / testeur Fabrice Bedin super motivé …
Le décor est planté … la météo s’annonce très mauvaise et les 4 couches sont recommandées par Catherine Poletti … Au départ environ 1400 coureurs s’élancent à 7 heures du matin dans les rues de Courmayeur … Je filme ce départ joyeux avec le regret de ne pas être avec eux … mais je me consolerai le lendemain en finissant les 25 derniers kms avec mes copains des Contamines jusqu’à l’arrivée.
La Thuille
Il pleut des cordes à La Thuille en Italie … On attend les coureurs avec mes compagnons de suivi presse et je papote avec Christophe Aubonnet et Cyril Cointre de Hoka qui font l’assistance pour Christophe Le Saux … Dawa est royal et tranquille il prend le temps de s’alimenter alors que les autres partent tous à grande allure sous la pluie. La sérénité du coureur Népalais montre toute la confiance qu’il a déjà …
Col du Petit Saint-Bernard
On saute vite fait dans le véhicule pour retrouver les premiers au Col du Petit Saint-Bernard où on marche à contre sens de la course pour les voir passer vers le Lac de Verney ; il pleut toujours … Ils arrivent et Thomas Saint-Girons caracole en tête … Dawa s’est rapproché et il me semble super tranquille … Christophe nous fait une cabriole dans les trous des tourbières il est pas mal non plus … Mon collègue journaliste Norvégien suit son coureur Thomas et l’encourage en norvégien …
Passeur de Pralo
On repart et cette fois on choisit, sur les conseils de Cathy, d’aller au « Passeur de Pralognan » pour faire un casse-croûte et monter ensuite les voir passer sur un secteur plus intéressant à 2600 m … On suit le chemin et on attaque le « pentu » … Impressionnant un mur super technique les attend à la descente … Thomas Saint Girons pointe vers la 10ème place et m’annonce qu’il va arrêter … Les conditions météo se dégradent et derrière Dawa – qui a la chance de passer alors qu’il ne pleut pas – la pluie arrive et durera toute l’après midi sur ces sentiers qui deviendront difficiles pour le gros du peloton …
Col du Joly
Direction le col du Joly … on arrive trop tard les 3 premiers sont passés … On va manger un peu chez Gaston à l’auberge située près du ravito … On pèle de froid et nous sommes contents de nous mettre au chaud devant un plateau de fromages que je commente à mon collègue journaliste / photographe américain de « Stars & Stripes ». Après les commentaires sur le Reblochon, la Tomme et l’Abondance on file voir les coureurs et j’encourage Christophe Le Saux qui a l’air toujours bien …
Direction les Contamines …
La descente aux Contamines se fait en 4 x 4 sur un chemin de montagne … Sacré raccourci qui fait gagner ½ heure à notre conductrice qui ramène à Chamonix les journalistes et qui me laisse aux Conta … Je ne verrai pas l’arrivée mais la course semble jouée car Dawa possède une avance confortable … Je vais dîner et dormir un peu pour repartir dans la nuit mais cette fois pour voir la course de l’intérieur et suivre les 25 derniers kilomètres sur le parcours …
Les Contamines 4 h du mat …
Je retrouve le petit groupe de Dassault réduit à 5 car Benoit victime de problèmes gastriques a dû renoncer … Selon leur habitude ils font la course groupés et je repars avec eux tout content de me trouver en position d’acteur plutôt que de spectateur …
On attaque à la sortie des Contamines une première montée facile et alors que le jour se lève on se trouve aux pieds de la dernière difficulté le Col du Tricot … Au fur et à mesure que l’on monte la pluie s’intensifie et c’est sous la neige à 2200 m que l’on termine l’ascension …

En haut du col du Tricot l'équipe est souriante malgré la neige car après c'est fini reste à descendre sur les Houches
Traversée de la passerelle et on ne voit même pas le glacier de Bionassay caché dans les nuages chargés d’eau. La descente vers les Houches se fera en mode glissade sur une sacrée épaisseur de boue liquide …
Je termine avec mes copains ressentant les frissons d’un finisher transi de froid car j’étais parti plutôt léger … Tout le monde s’embrasse et je peux vous dire pour conclure que cette TDS n’est pas une course « mineure » ou un succédané d’UTMB mais c’est vraiment une épreuve de costauds et les nombreux abandons le prouve. D’ailleurs cette année hormis l’impressionnante PTL la TDS aura été la course la plus longue et la plus dure de cette 10ème édition de l’UTMB.
Mes copains montrent encore qu’une course en mode « groupir » ça peut se faire et que grâce à la solidarité de leur groupe ils ont pu tous finir alors que de nombreux autres ont échoués …
Une pensée pour mon copain Fabrice qui a abandonné mort de froid au Col du Joly … c’est dire que c’était difficile car c’est un costaud notre « ostéoman » …
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