Test HOKA Mafate 2
Par Pascal Vilain
Le rêve d’avoir des « Hoka » aux pieds m’a été offert pour mon premier test chaussures sur Running Café. Cette envie de les essayer datait d’une course dans la trace de mon ami Juan Pradas, usager au long cours de cette marque. Après 4 mois d’arrêt pour un souci de genou et à peine 2 mois après ma reprise je retrouve avec cet essai une motivation. Il ne faut pas négliger l’affaire et prendre le temps nécessaire pour examiner cette chaussure sans être tenté d’aller sur le net voir les différents commentaires sur la marque pour ne pas être influencé. Je n’ai pas beaucoup d’échanges avec des trailers dans mon coin et la vision de ces chaussures atypiques fera sensation et ouvrira les discussions autour de moi. Il faut dire qu’elles se font vite remarquer par leur différence d’aspect par rapport aux chaussures de running classiques.
Comme tout le monde cette impression visuelle de chaussure orthopédique fût la première en ouvrant la boîte. En comparant avec une de mes chaussures de route dans l’autre main, je suis surpris par le peu de différence de poids. LIRE LA SUITE …
Je n’attendrais pas une sortie pour tester le chaussant. Malgré un pied fin, je force un peu à l’entrée. Mais une fois dedans, j’ai l’impression d’avoir mis des « charentaises », prêt pour l’apéro, les pieds sur la table basse. Elles se font vite oublier, on s’y sent bien. On n’y est pas serré, confortable, mais il faut tout de même prévoir une bonne taille au-dessus. Moi qui choisis ordinairement du 43 1/2, pour cette fois, le 44 me va impec. Pour le laçage, je conseille un bon serrage et le classique double nœud. Le lacet s’avère glissant et restera comme neuf au gré de mes diverses sorties.
En mode simple marche j’ai la sensation effective d’avoir pris de l’altitude sans pour autant me transformer en « drag queen » ni de m’enfoncer un peu sur l’extérieur des talons. Je précise d’avance que je suis un coureur léger, j’accuse 65 kilos, soit 2 kilos au-dessus de mon poids de forme.
Lors d’une première sortie sur chemins, mes amis prennent quelques centaines de mètres d’avance dès le départ et j’ai déjà la sensation d’avoir chaussé des bottes de 7 lieues pour les rattraper. Euphorie ou pas je ne vaux pas 3 milliards, mais je vole comme un super héros, « Time to fly » comme ils disent. Ces chaussures ne sont pas vendues en pharmacie, chacun aura ses propres sensations, mais je dois dire pour ma part qu’à l’usage, à défaut d’être réparateur, le côté « semelles pneumatiques » m’aura rassuré pour la tenue de mon genou sur tous les terrains.
Etant vraiment dédiées au trail, il fallait que je les essaye tout de même sur la route. Il est certain que ce n’est pas son domaine de prédilection. Après un essai sur route mouillée, ses pneumatiques ne seraient choisis par aucune firme de formule 1. Les risques de patinage et de pas chassés sont multiples sur les accélérations. On n’y est pas à l’aise. Sur le sec, il faut vraiment pousser vers l’avant pour avancer, une lourdeur dans la foulée s’en dégage très vite, malgré ou à cause de son amorti. Autant dire que je n’y battrais pas mes records sur route.
Retour sur les terrains qui lui vont à ravir. Comme pour mon premier départ, sur des chemins, ça roule. Son apparente grosseur dégage tout de même une certaine légèreté, si peu que l’on se laisse aller à faire un peu de rythme. Les relances sont plutôt dynamiques si peu que l’on s’appuie sur l’avant du pied. Mais après plusieurs sorties, je ne me vois pas tenir du rythme sur un trail court et plat. J’éprouve une sensation de frein à main passé une certaine vitesse. Mais sur du long, genre Ecotrail, où cette dernière est moins constante, cette chaussure pourrait être efficace pour enfiler les kilomètres, pour autant qu’un dénivelé permette des relances. Au niveau du confort il n’y a pas de sensations de pied qui chauffe et je n’aurais pas d’ampoules durant les semaines de test sur les sorties longues. Seul bémol, par temps de pluie. Il me fallait les tester façon Gene Kelly, dans les flaques d’eau … mais sans la musique
. Le pied n’est pas trempé de suite car le mesh est bien compact, mais une fois l’humidité installée, elle y reste, comme avec toute bonne running classique.
Par temps sec, sur une longue sortie, le pied peut chauffer un peu sur la durée et la matière n’évacue pas très bien la chaleur vers l’extérieur. Ma région n’étant pas pourvue de montagnes j’ai tout de même trouvé quelques portions et côtes techniques non loin de chez moi. La semelle épaisse absorbe les chocs. Les mottes de terre, les moindres petits cailloux sont avalés sans douleur, mon genou en sortira vainqueur.
Pour les montées, il faut pousser sur les pieds, mon poids léger m’obligera la plupart du temps à me porter sur l’avant où j’éprouve mieux la sensation de souplesse. Dans les descentes, on peut dire qu’elles envoient bien, si peu que l’on porte leur dynamisme vers l’avant en évitant toutefois les poses de pieds hasardeuses. On trouve toujours des défauts à tout. Peut-être est-ce dû à mon poids léger, mais je leur trouverais à de nombreuses reprises un manque de stabilité. Dès ma première sortie, sur chemin stabilisé, sable et cailloux, mon pied avait vrillé dans une petite ornière. Sensation de cheville tordue, la leçon était vite retenue. Même impression sur des parcours en dévers, leur manque d’accroche et un peu d’inattention nous emmèneraient vite à glisser dans le décor. Il faut également rester vigilant sur les portions rocheuses. Pas de douleur aux pieds, mais une entorse arriverait vite, certainement à cause de cette sensation de hauteur.
Je ne pouvais finir ce test sans avoir pris la clé des champs. Passage dans la terre fraîchement labourée. Celle-ci reste collée à la façon d’un chewing-gum, quand d’autres chaussures en perdent une partie de retour sur un chemin ou sur une route. Même en tapant contre un poteau, ça ne suffit pas toujours pour en ôter la plaque restante, lisse comme un pneu usé.
Pour résumer, ce sont des chaussures qui se laissent mériter, je pense qu’il ne faut pas être trop léger pour elles, bien que des champions « poids plume » comme Christophe Le Saux font des performances avec. Confortables, il faut un temps d’adaptation pour les maîtriser en matière de stabilité, après avoir pratiqué un bon serrage pour le maintien. En course, elles sont plutôt dédiées au long, d’autres modèles de la marque convenant certainement mieux pour les courtes distances.
Atouts : amorti, filtrage des chocs
Faiblesses : stabilité
Notes et Infos techniques :
Amorti : 5 / 5
Confort : 5 / 5
Souplesse : 4 / 5
Stabilité : 3 / 5
Dynamisme : 4 / 5
Tige : Mesh Polyester
Semelle : EVA HiP 2,5 X volume
Drop : 4 mm
Tailles : femme (4 à 8 UK) hommes (7 à 13 UK)
Poids : 325 g en 8 UK
Pascal
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