Daniel
Qui suis-je ?
Daniel, né en 1949 (eh oui, V3 ! …), ostéopathe de formation (en retraite anticipée et progressive … ), passionné de course à pied depuis l’adolescence. Je n’étais pas très doué pour lancer des trucs, ni sauter, je n’étais déjà bien que sur la piste, et encore mieux « hors stade »…
J’ai bien sur étudié la biomécanique du corps humain, et je me suis spontanément orienté et spécialisé en ostéopathie du sport, puis en énergétique chinoise ! …
A la fin des années 70, l’engouement du public est immense pour la nouvelle mode venue des USA : le jogging…. Enfin ! J’étais moins seul à courir sur les trottoirs parisiens, ou en direction du Stade Charléty ! … C’est la naissance des chaussures sensées être adaptés à ces nouveaux sportifs, les fameux runnings « à amorti du talon », et je connais alors les premiers arrivages de tendinites, périostites, aponévrosites … Normal, nous disait-on, vu l’explosion du nombre de coureurs et leur manque de formation … Oui, mais en athlétisme, avec nos chaussures on ne peut plus simples et légères, et tous nos kilomètres accumulés, nous ne connaissions pas ce phénomène… Et qu’avaient-ils à « talonner » ? Et si ces chaussures « à amorti », sans être foncièrement mauvaises, n’étaient quand même pas la panacée ? En plus, même en cherchant bien, nous ne trouvions aucune base biomécanique à leur invention…
A l’inverse, au même moment, c’est en courant pieds nus que des champions battaient des records, sur piste (Zola Budd) comme bien avant, sur route (Abébé Bikila, il n’était plus de ce monde, mais sa photo en noir et blanc des JO de Rome 60’, punaisée au dessus de mon bureau, m’impressionnait)… J’avais décidé de faire comme eux, inspiré par leur expérience et convaincu par mon métier qu’ils étaient dans le vrai. Et de toute façon, un chauffard a décidé que j’avais raison !… Quelques embardées sur l’autoroute … un pied droit écrasé, remarquablement opéré (depuis trente ans, je cohabite toujours avec les vis et les broches) mais partiellement enraidi à vie : à l‘époque, les chaussures me blessaient, de toute manière !
Deux années de progression prudente : j’avais l’avantage de pouvoir grâce à mon métier estimer les risques, anticiper les précautions à prendre, observer les évolutions … J’ai abandonné le stade, je courais « pour moi », partant de mon cabinet et foulant les trottoirs et les quais de la Seine. Un jour, je participe à un 10 km, sans problèmes, puis 20km l’année suivante : très bien … Mon objectif final est arrivé : le marathon de Paris en 1998 : moins rapide que Bikila, ça, c’est sûr !… mais fini, juste pieds nus… Mon « pied de nez » au destin, avec ce sentiment merveilleux d’avoir eu raison du pessimisme des uns, de l’incrédulité des autres, et d’avoir vérifié contre toute critique la seule vérité qui compte à mes yeux : celle du corps humain, même si certains en veulent une autre ! Depuis, je n’ai jamais arrêté, avec une famille et un travail qui ne me laissaient jamais assez de temps…
Que fais-je ?
Il y a quelques temps j’ai appris ce qu’était le « burn-out », par overdose de travail (je ne sais pas dire non, surtout à un sportif qui souffre), et au centre d’une famille qui évolue à une vitesse vertigineuse … Merveilleux, tout ça, enthousiasmant mais toxique !… Autant de facteurs qui ne font pas hésiter à prendre un tournant : c’est fait. Le cabinet est fermé !… Et les activités me rattrapent malgré tout, mais maîtrisées …
Courir, bien sûr ! … Plus de plans d’entraînements, plus d’objectifs de progression, juste le bonheur de se consacrer librement à se faire plaisir, quelques heures par semaine… Le « Run Free, Run Fun, Run Naturally » de mon mentor (tardif, internet est né trop tard), du barefoot running Ken Bob Saxton ! … Avec la participation à quelques courses bien sur, qui sont toujours l’occasion de rencontrer les nouveaux amis ( merci facebook, qui n’a pas que de mauvais côtés ! …), mais sans jamais vraiment regarder le chrono.
Mais j’ai décidé de ne plus courir « que pour moi ». Encore grâce à facebook, j’ai pris contact par l’intermédiaire d’une amie commune avec France Choroïdérémie. Une association qui se bat contre cette maladie génétique du même nom. J’ai été touché par la cause de ces bébés, dont les parents apprennent très vite que leurs enfants sont irrémédiablement voués à une cécité totale … L’idée que je pourrais facilement promouvoir cette association m’a paru évidente. Ma façon de courir allait, je l’espère, pouvoir faire aussi du bien à d’autres ! … Car courir pieds nus passe rarement inaperçu, parmi les coureurs comme le public, et même les médias locaux … Une manière géniale de relayer l’info ! …
J’ai l’habitude de communiquer sur le fait de courir sans chaussures, d’en expliquer les raisons, les modalités pratiques, d’en montrer l’innocuité. Quoi de plus naturel, en fin de conversation, que de faire remarquer aux interlocuteurs la chance qu’ils on d’avoir pu voir cette particularité … grâce à leurs yeux ! … « Rien que pour voir », c’est écrit sur le tee-shirt, et le logo, avec le nounours aux yeux bandés de noir, prend une dimension émotionnelle que je sous-estimais moi-même…
Le temps qu’il me reste, je l’occupe en utilisant toujours mes seules compétences, celles que j’ai apprises de mes professeurs, et que j’ai essayé de perfectionner durant toutes ces années auprès de mes patients ! … Là encore, internet est un merveilleux outil de communication et d’échanges. On m’a demandé d’être consultant sur U-Run, je rédige de temps en temps quelques textes sur Wanarun. Surtout, j’essaie de conseiller et guider au mieux les coureurs qui le souhaitent, que ce soit pour leurs problèmes physiques ou pour leur transition au barefoot running / chaussure minimaliste … Et d’autres projets viendront peut-être, la Nature ayant horreur du vide ! …
Daniel






















