Perdre de la masse grasse …
Perdre de la masse grasse ou comment exploiter le concept de « point optimal de lipolyse » ?
Il est une croyance chez les non-initiés qui a la vie dure : il faut courir vite pour perdre du poids …
Dans ma pratique je rencontre fréquemment des personnes motivées par leur envie de mincir qui vont partir le « cœur dans la bouche » et revenir au bout de 20 à 30 minutes exténuées avec une impression de travail accompli. Mais si votre objectif est d’utiliser la course à pied comme un outil pour perdre du poids, vous faites fausse route. LIRE LA SUITE …
Choisir la bonne filière …
Aujourd’hui intéressons-nous à la « capacité aérobie ». Tout en bas de l’échelle des intensités, cette filière représente la capacité de notre organisme à maintenir un % donné de VO2 max (*). L’acide lactique produit dans cette filière est rapidement métabolisé par les muscles actifs (ainsi que les inactifs bien sûr, foie, cœur, …). La limite supérieure va être le seuil anaérobie, au-delà duquel on commence à accumuler de l’acide lactique.
Selon le niveau où on se situe dans cette filière le ratio « glycolyse aérobie / lipolyse » change.
Je parle bien de ratio car notre organisme, même si on le schématise comme tel, ne change pas de substrats énergétiques comme on changerait de pompe à essence mais il vit bien sur un modèle de continuum ou ensemble d’éléments énergétiques. Comprenez qu’il utilise de tout, tout le temps mais qu’il ferme plus ou moins les vannes selon l’intensité que vous lui imposez.
50% … Tout doit disparaître ! …
C’est pour celà qu’il est important de s’entraîner avec un cardio-fréquencemètre, car c’est en vous plaçant à 50% de votre VO² max (Crampes et al, 2003 ; Van Loon et al, 2001) que vous optimiserez l’utilisation des lipides de façon globale (AGL Plasmatique et triglycérides). Votre corps va donc alors favoriser la consommation « du carburant » gras, qui sera pour lui la plus facilement mobilisable avec les contraintes que vous lui donnez.
Que l’on soit clair, à ce rythme là nous ne cherchons plus à développer quoi que ce soit, mais bien à forcer notre corps à utiliser ses stocks de graisses. Car à 50% de VO2 max, selon le coureur, ce sera simplement de la marche. Difficile d’admettre pour certains qu’en marchant ils utiliseront plus de graisse qu’en multipliant les petits footings courus rapidement ou à fond.
Ca puise direct ! …
Même si les méta-analyses ne donnent pas vraiment de consensus sur la durée, on admet qu’il faut un certain temps au corps pour augmenter le ratio au bénéfice de la lipolyse. Il mettrait (hors travail à jeun qui fera l’objet d’un article spécifique à suivre) entre 20’ et 30’ selon les études pour être réellement efficace.
Ce système de lipolyse agira de manière encore plus précoce avec l’entraînement (Saltin and Austran, 1993). Plus vous serez entraîné, plus vous brûlerez des graisses rapidement.
Pour conclure :
Dans toutes les préparations de toutes les distances, de la personne en surpoids à l’athlète entraîné, pour faire baisser votre masse grasse j’utiliserais cette méthode comme un complément.
- Pour la personne en surpoids, cette séance va venir compléter la sortie vélo ou autre sport porté
- Pour l’athlète entraîné celà peut être l’occasion de doubler sa séance du soir avec un L.O.P. (Lypolyse Optimal Point) le matin.
Cette méthode est un outil stratégique pour la perte de poids, il ne faut pas lui prêter des vertus qu’elle n’a pas (développement de puissance ou autres…). Elle n’est pas non plus la seule. Mais elle a cet avantage c’est qu’elle est peu pathogène (vs travail à jeun par exemple…). À vous de vous en servir à bon escient.
Et n’oubliez pas, la masse grasse est un frein à la performance, moins vous en transportez plus vite vous irez. Ce n’est pas pour rien si la VO2 est un débit calculé par Kg …
Grégory MONIN
Diététicien-Nutritionniste D.E.
Ingeniérie du mouvement humain
Sciences et technologie de la performance
(*) VO2 max : La consommation maximale d’oxygène ou VO2max est le volume maximal d’oxygène (en fait du dioxygène mais l’appellation courante emploie le mot « oxygène » plutôt que « dioxygène ») qu’un organisme aérobie, en général, ou le sujet humain en particulier peut consommer par unité de temps lors d’un exercice dynamique aérobie maximal.
Chez l’humain, le (ou la) VO2max s’exprime habituellement en litres de dioxygène par minute (L/min). Afin de personnaliser la mesure et tenir compte des différentes constitutions (enfant ou adulte, petits ou grands gabarits…) la valeur observée est le plus souvent rapportée à l’unité de masse corporelle pour déterminer un VO2max dit « spécifique », qui s’exprimera alors en ml/min/kg. Cette dernière valeur est un excellent indicateur de la performance potentielle dans les épreuves d’endurance (sportives ou non) : plus elle est élevée, meilleure sera la performance éventuellement réalisée.
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